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Dans la maison

http://images.allocine.fr/r_640_600/b_1_d6d6d6/medias/nmedia/18/91/17/25/20254556.jpgDans la maison n'est pas un film infâme. Il bénéficie d'un scénario intéressant, et la réalisation de François Ozon est comme toujours très maîtrisée, et même parfois brillante.

Il y a pourtant des éléments dans le film qui m'ont empêché d'y adhérer vraiment.

Je trouve d'abord que tous les personnages sont hyper-caricaturaux, rabaissés en quelque sorte à leur simple silhouette. Prenons la famille Rapha : le père est ridicule avec son goût pour le basket (il ne joue même pas correctement), la mère réduite à son tropisme pour la décoration et le fils à une vague entité quasi décérébrée. Le tout ne fonctionne tout simplement pas, à tel point que j'ai cru pendant toute une partie de film que toute cette famille allait s'avérer n'être qu'une oeuvre d'imagination.

Luchini est artificiel (pléonasme ?), Kristin Scott-Thomas l'est encore plus, les enseignants et proviseurs ne sont absolument pas réalistes, les jumelles jouées par Yolande Moreau n'existent par vraiment, etc... Même les décors semblent surjouer ! Quant au personnage de Claude, sensé être diabolique, il se résume tristement à un petit rictus qu'on ne qualifiera même pas de pervers.

L'univers usuellement fantaisiste d'Ozon, avec son côté dessiné à gros traits, s'adaptait bien aux trames de 8 femmes et de Potiche. Ici le mélange ne prend pas, par manque de réalisme. Pour que l'histoire fonctionne parfaitement, il faudrait que nous croyions à la vérité des situations, et ce n'est pas le cas.

Le film est enfin franchement mou du genou dans ses parti-pris : j'attendais plus de transgressions, plus d'audace, à la fois dans la matière narrative du film (on est loin des relations sulfureuses du modèle revendiqué, le Théorème de Pasolini), et aussi dans son jeu autour de l'imagination (les scènes rejouées pourraient être beaucoup plus stimulantes).

Dans la dernière partie, Ozon utilise carrément le bulldozer à symboles (Germain assommé par une lourde version du Voyage au bout de la nuit ?!?). Le film se finit en capilotade, accumulant raccourcis et ellipses improbables.

Prometteur sur le papier, Dans la maison accouche d'une souris en pleine cure de Xanax.

François Ozon sur Christoblog.

 

2e

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Monsieur_p 27/10/2012 22:31

Ce qui m'a considérablement gêne dans le film, c'est que Germain qui est visiblement un type intelligent vu son aisance rhétorique, son vocabulaire, ses observations relativement fines, se comporte
comme un idiot. Dans Noce blanche la fascination d'un quinquagénaire pour une adolescente manipulatrice, ça pouvait passer. Mais là, j'ai du mal à y croire

Chris 31/10/2012 20:05



Comme un idiot de première, il tombe dans tous les pièges qu'un prof normal doit éviter !



Hervé 15/10/2012 08:43

Oui, l'idée est intéressante et démarre plutôt pas mal, mais les personnages manquent singulièrement d'épaisseur et, à l'image de Claude, Ozon ne parvient pas à trouver une fin, et termine en grand
n'importe quoi.

Chris 22/10/2012 21:49



C'est bien ça, on est donc d'accord.



armelle 13/10/2012 09:55

Tout à fait d'accord. Je n'ai pas adhéré non plus. Tout semble artificiel tant les situations et les personnages sont caricaturaux.

Vipère 12/10/2012 12:32

Tiens ! Mymp et Christo qui s'accordent sur un film :-) Vous dégonflez un peu le désir que j'avais de voir cette histoire... Mais peut-être n'est ce pas plus mal !

Chris 13/10/2012 16:29



Il nous arrive souvent d'être d'accord ! (et l'inverse aussi...)