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Before sunrise

http://cinekatz.com/wp-content/uploads/2013/05/before_sunrise__1995_-fanart.jpgAlors que sort mercredi Before midnight, il n'est pas inutile de revenir sur les deux premiers volets de cette trilogie, débutée en 1995 par Richard Linklater (le réalisateur), Julie Delpy et Ethan Hawke (les acteurs) : Before sunrise, puis Before sunset.

Rappelons que ces trois films peuvent être attribués aux trois protagonistes, puisque les deux acteurs ont très largement participé au développement des scénarios des trois films, sur une idée originelle (et autobiographique si on en croit les rumeurs) de Richard Linklater.

C'est peut-être de cette intense collaboration artistique que vient cette impression saisissante de naturel et de profonde légèreté qui semble saisir tous les spectateurs de Before sunrise.

Rappelons le prétexte du film : deux jeunes gens (lui américain, elle française) se rencontre par hasard dans un train, et passe une nuit ensemble à errer dans les rues de Vienne, parlant sans cesse et tombant amoureux.

Ce qui fait l'originalité du film tient à mon sens en deux choses.

La première est la façon dont la fluidité du temps est rendue. Tous les éléments du film semblent progresser à la même vitesse, et si je puis dire dans le même sens : le train et les tramways roulent, les deux jeunes gens marchent, le temps s'écoule, les vies passent  (le cimetierre), la nature suit son chemin (les étoiles, le soleil), le sentiment amoureux progresse et s'amplifie. Tous ses flux se mêlent, se croisent et se nourissent l'un l'autre, amplifiés par la voix des deux acteurs, qui semblent exprimer un flow continu de pensée, presque jamais silencieux, et débattant avec une liberté incroyable de sujets renvoyant souvent au temps (premiers souvenirs, espoirs pour l'avenir).

Le second point fort du film est la personnalité incroyable de Julie Delpy, qui est dans ce film complètement irrésisitible. Tout à tour espiègle, directe, emportée, vulgaire, triste, poétique, tendre, intellectuelle, enjouée, elle déverse sur Ethan Hawke une pluie de sensations qui le rendent d'ailleurs de plus en plus silencieux, et amoureux. Les débats entre les deux personnages peuvent prendre des aspects inattendus, et brassent des sujets très divers, personnels ou philosophiques, sans jamais ennuyer. Les deux amants font preuvent l'un envers l'autre d'une qualité d'écoute remarquable.

Le film multiplie par ailleurs les rencontres improbables et initiatiques (j'ai souvent pensé à des thèmes mythologiques : Ulysse, Orphée), comme par exemple les deux acteurs de théâtre, le clochard qui écrit des poèmes, les inserts sur les clients du bar, la cabine d'écoute chez le disquaire, la voyante. Le réalisateur souligne d'ailleurs cet aspect des choses  avec ces derniers plans superbes qui montrent quelques uns des décors fréquentés par le couple durant la nuit, vides et désertés. Une façon d'attester que la trace indélébile de cette histoire d'amour idéale subsiste dans l'atmosphère de la ville, comme son souvenir dans notre esprit.

Probablement un des plus beaux films jamais réalisés sur la naissance du sentiment amoureux.

La suite de la trilogie sur Christoblog : Before sunset / Before midnight

 

4e

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anne 05/07/2014 22:57

Ce film a 20 ans ! et pas une ride
julie Delpy est ravissante ds ce film très romantique , très agréable à regarder et écouter .
j'ai un peu peur pour la suite ......

Amelie 25/06/2013 01:48

Je suis d'accord, ce film est parfait, et reste mon préféré dans la trilogie. Je l'ai revu moi aussi après "Before Midnight", et il prend une toute autre dimension en sachant où en sont les
personnages 18 ans plus tard.

pierreAfeu 24/06/2013 23:03

Je valide la dernière phrase aussi, celle qui rend finalement le film attachant et presque miraculeux, le miracle se trouvant précisément là, puisque j'ai trouvé Julie Delpy très deslpyesque, c'est
à dire assez énervante, le charmant Ethan Hawke la rejoignant d'ailleurs dans un grand concours de banalités sur l'amour, la vie, les vaches, sur l'air de "c'est trop méga sérieux ce que je
raconte"...
Cela dit, j'ai pris du plaisir, et de fait, considère le résultat comme une belle prouesse.

Chris 24/06/2013 23:52



Il y a une alchimie dans le film qui résiste à l'analyse...



Wilyrah 23/06/2013 23:17

Je valide l'article entier et la dernière phrase (cette fois ci).

Qu'est ce que je l' (les) aime ce(s) film(s).


PS : merci pour le Paris Festival, j'ai tenté ma chance du coup. J'espère que ça se goupillera bien :)

Chris 24/06/2013 21:27



En fait pour les Festivals, en tentant tout simplement, ça marche souvent...