Christoblog

Attenberg

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/79/63/12/19655898.jpgDrôle de film, vu lors du festival Paris Cinéma, et qui sort aujourd'hui.

 

On parle à propos de sa réalisatrice Athina Rachel Tsangari et de Giorgos Lanthinos (Canine), d'une nouvelle vague grecque. D'ailleurs, Rachel Tsangari à fondé la société de production qui produit les films de Lanthinos (dont le dernier long-métrage, Alps, est en post-production).

 

Et c'est vrai qu'il y a quelque chose d'intéressant dans Attenberg, intéressant mais un peu trop intellectuel. Pour donner une idée, je dirais qu'on a peu l'impression de voir un "Godard aux Balkans".

 

La Grèce que montre Rachel Tsangari est celle des environs d'une usine d'aluminium Péchiney, auprès de laquelle les Français ont construit une citée blanche façon Le Corbusier, et qui semble abandonnée. Le moins qu'on puisse dire c'est qu'on est très loin des clichés touristiques. Ici, il fait gris, il pleut, et les jeunes gens s'ennuient.

 

Le personnage de Marina vit auprès de son père, qui meurt d'un cancer. Ce n'est donc pas gai, gai. Elle a une copine qui lui apprend à embrasser (est-elle imaginaire, est-elle réelle, on peut s'interroger). Elle rencontre un ingénieur (Lanthinos lui-même) et découvre l'amour physique. Mort du père vs apprentissage du sexe : bonjour la psychanalyse. Elle est passionnée par les documentaires animaliers de Sir David Attenborough (d'où le titre).

 

Le film fonctionne donc sur la base des couples Marina/son père, Marina/Bellla, Marina/l'ingénieur dont le plus intéressant est pour moi le premier, et de loin. Le vieil architecte un peu anarchiste compose en effet un personnage troublant et attendrissant, lui qui veut quitter un XXème siècle qu'il juge "très surestimé", et qui le fait, avec beaucoup de classe. L'actrice française Ariane Labed, qui a grandi en Grèce, est une révélation (prix d'interprétation féminine à Venise et Angers).

 

Pour le reste on pourra être énervé par une image un peu sale, des gimmicks auteurisants, comme les intermèdes durant lesquels les deux amies singent des animaux, comme ce ralenti sur une chanson de Françoise Hardy ou comme ce très long plan fixe qui clot le film sur une ronde de camion.

 

La renaissance d'un cinéma, à suivre.

 

2e

Commenter cet article