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Baisers volés

Nous retrouvons dans Baisers volés le jeune Antoine Doisnel, découvert enfant dans Les quatre cents coups.

Antoine est maintenant un jeune adulte, qui se fait virer de l'armée au moment où le film commence. Les premiers plans assurent une solide connexion avec le premier film de Truffaut, tourné neuf ans auparavant : par exemple on découvre Antoine en train de lire le Lys dans la vallée de Balzac, et on se souvient du début d'incendie que le culte de l'écrivain avait failli déclencher dans l'appartement de ses parents.

Si le personnage est le même, les deux films sont très différents. Les quatre cent coups était un film ramassé, tendu, d'une grande cohérence artistique. Baisers volés est une histoire d'initiation oedipienne décousue, au style haché (le film comprend un nombre de plan incalculable), qui multiplie les ruptures de ton, les pistes narratives et les effets de manche scénaristiques, comme l'incroyable déclaration finale de l'amoureux.

Le résultat est mitigé. On peut être séduit par la vivacité de l'ensemble, sa progression à la limite du picaresque, mais on peut aussi être décontenancé par la faiblesse de certaines scènes, les limites techniques du film (qui mériterait une sérieuse restauration, notamment au niveau du son) et la relative transparence de Jean-Pierre Léaud, qui surjoue parfois l'hébètement perplexe.

François Truffaut sur Christoblog : Les quatre cents coups - 1959 (***)

 

2e

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