Christoblog

Un divan à Tunis

Dieu sait si j'aime le cinéma du Sud et que je porte habituellement sur lui un regard bienveillant et attentionné. Mais ici, malgré toute ma bonne volonté, je ne peux que faire le constat qu'une bonne idée de départ est irrémédiablement gâchée.

Il était en effet plaisant d'imaginer les conséquences de l'implantation d'une psychanalyste dans un quartier populaire de Tunis. J'imaginais une sorte de In treatment doux amer qui aurait traité en profondeur de l'évolution de la société tunisienne.

Le résultat est malheureusement tout autre, assemblage non abouti de plusieurs genres qui ne se mêlent pas entre eux : burlesque, comédie sentimentale, chronique sociale, tableau sans concession de la Tunisie contemporaine, film sur l'exil et le chez-soi, comédie de situation, clins d'oeil LGBT. Rien ne prend, tout semble factice, et la vision qu'offre Manele Labidi de la Tunisie est une caricature presque insultante. La psychanalyse n'est qu'un prétexte qui n'est pas du tout exploité.

Golshifteh Farahani, si elle semble toujours imprimer la pellicule de façon spécifique, ne m'a pas convaincu dans son rôle, comme d'ailleurs l'ensemble du casting, à côté de la plaque.

C'est pétri de bonnes intentions, mais c'est aussi tristement raté.

 

1e

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Bellin 19/02/2020 13:56

Eh bien ! moi, je trouve que la mayonnaise prend. Et joliment. Ce film, fausse comédie, est plus subtil, plus profond, plus mélancolique qu'il n'y parait. Dieu merci, la psychanalyse n'en est pas le sujet. Le personnage de la miss est intéressant, son évolution attachante, de conquérante au début du film à plus humble à la fin, plus en phase et plus respectueuse de la culture tunisienne – nullement caricaturée ici. Splendide Golshiteh Farahani ! Elle ne se contente pas d'être belle et décontractée, son trouble intime est perceptible, mais avec légèreté. et une vitalité communicative. Bref, après avoir savouré "Adam" de Maryam Touzani , dans une toute autre et plus sombre tonalité, ce film, sans être totalement abouti ni surtout être "tristement raté", m'a touché, ému, fait sourire et réfléchir. Que demander de plus ?

Chris 26/02/2020 21:13

Tu es bien bon public sur ce coup...