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Music of my life

Music of my life fait partie de ces cas aberrants dans lesquels le distributeur français change le titre original anglais (Blinded by the light) pour un titre ... en anglais. Il perd au passage la double connotation symbolique présente dans le titre d'origine : il s'agit du premier titre du premier disque de Springsteen, et il reflète le sentiment du héros, véritablement aveuglé par la lumière springsteenienne. 

Le film de Gurinder Chadha (Joue-la comme Beckham) ne renouvelle pas le genre de la comédie sociale anglaise. Si les fans de Springsteen pourront aisément s'identifier au héros laissé pour compte qui trouve dans les odes romantiques du Boss la force de s'extraire de son milieu, les autres trouveront certainement que les ficelles comiques comme mélodramatiques sont un peu grosses, voire grossières. Ces derniers pourront tout de même profiter du film pour découvrir l'univers springsteenien s'il n'en connaissent que la version faussement testostéronée de Born in the USA.

Music of my life propose également un nouveau type d'utilisation des chansons d'un artiste dans un film, que je ne me souviens pas avoir déjà vu : il ne s'agit pas d'une comédie musicale puisque les personnages ne chantent pas vraiment (ou alors faux), on ne voit quasiment pas Springsteen chanter, et il ne s'agit pas strictement d'une BO puisque chaque morceau s'insère dans le scénario à la fois narrativement (les paroles guident l'action ou l'illustrent) et visuellement (les mots s'incrustent dans le décor). Le niveau d'intrication des paroles et du récit est tel que les personnages parlent parfois en utilisant les paroles de certaines chansons.

Feel-good movie maladroit mais parfois agréable, tiré de l'autobiographie du journaliste Sarfraz Manzoor, Music of my live est aussi le tableau sans prétention d'une émancipation dans l'Angleterre thatchérienne et raciste des années 80. A voir si vous êtes fan.

Retrouvez ma critique de l'exceptionnel spectacle Springsteen on Brodway.

 

2e

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