Christoblog

Utøya, 22 juillet

Il y a dans la démarche du réalisateur Erik Poppe une fausse modestie qui rend son film insupportable.

Pour faire simple, disons que la caméra suit en temps réel et en un seul long plan-séquence une jeune fille durant les 72 longues minutes que durèrent le massacre sur l'île d'Utøya, le 22 juillet 2011. 

Cela pourrait paraître modeste, mais le dispositif tourne vite à la performance : Erik Poppe semble très absorbé par la façon dont il va faire bouger sa caméra, quitte à filmer des choses insignifiantes pour meubler. Comme il fait de son personnage principal une bonne samaritaine qui veut sauver tout le monde (contrairement aux autres jeunes gens qui courent dans tous les sens d'un bout à l'autre du cadre), on doute vite du réalisme de ce qu'on voit, ce qui est un comble quand on sait que le film s'inspire de témoignages des victimes.

On n'est donc pas très à l'aise en regardant le film, malaise aggravé par la séquence où l'on voit une jeune fille mourrir lentement en direct, filmée avec beaucoup de complaisance et des effets très maladroits (la maman appelle sa fille pile au moment où celle-ci vient de rendre l'âme). Utoya, 22 juillet qui aurait pu être un bel hommage aux victimes ou un film instructif sur ce qui s'est passé ce jour-là, est plus énervant qu'émouvant ou dérangeant.

Au final, on ne tire rien de ce film creux qui se regarde le nombril.

 

1e

Commenter cet article

mémoire55 26/12/2018 02:42

On apprend avec stupéfaction, à la fin du film « Utoya 22 juillet », que l'espèce de nazi qui a commis cet épouvantable crime de masse a affirmé lors de son procès qu’il récidiverait après avoir purgé sa peine de prison de 21 ans.Non content de cela le criminel,d’une extrème dangerosité a intenté un procès à l’Etat norvégien pour traitement inhumain sur la base d’un article de la convention européenne des droits de l’homme !Dans cette Europe qui a pourtant vécu quelque temps sous la botte nazie c’est un peu le monde à l’envers :les pires ennemis de la démocratie poursuivent en justice les représentants de la démocratie et les victimes espèrent bénéficier de la clémence de leurs bourreaux.Dans une histoire fiction on pourrait aussi imaginer d’anciens nazis intenter un procès aux juges du Tribunal de Nuremberg.Il reste donc aux travaillistes norvégiens la possibilité d’espérer que ledit nazi ne mette pas ses menaces à exécution.Comment se fait-il que les régimes démocratiques ayant pourtant l’obligation de garantir la sécurité de leurs citoyens fassent preuve d’une telle complaisance,d’une telle faiblesse à l’égard des pires ennemis de la liberté ?En lieu et place d’une exécution capitale parfaitement justifiée et méritée pour ces criminels de la pire espèce,méprisables adorateurs d’Hitler et ennemis mortels de la démocratie,nos sociétés leur offrent une tribune d’expression. « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre ».