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Le grand bain

Il y a une chance pour que Le grand bain devienne la comédie référence de son temps, comme le furent La grande vadrouille, Le dîner de cons ou Intouchables.

Le film de Gilles Lellouche partage en effet avec ses illustres prédécesseurs quelques points communs : un casting haut de gamme, des interprétations magistrales, une rigueur d'écriture jamais prise en défaut et surtout cet incroyable mélange de rire et de tendresse pour les cabossés de la vie, qui semble faire le sel de la comédie à la française.

Peu auraient pourtant parié sur la réussite de ce film, en avril 2018, juste avant qu'il soit sélectionné par Thierry Frémaux pour le Festival de Cannes. En traînant depuis le début de sa carrière d'acteur l'image du copain viril dans la bande de Guillaume Canet, Gilles Lellouche avait fini par se confondre avec ses personnages. On en avait oublié qu'il avait été réalisateur et scénariste avant d'être acteur. L'excellent accueil de la critique et des festivaliers cannois a donc surpris tout le monde, et peut-être même Lellouche lui-même.

Dans le genre feel-good buddy movie, Le grand bain est quasiment parfait. Si chaque acteur est globalement employé dans le registre qui lui convient habituellement, la tonalité générale du film est elle plutôt originale : il n'est pas si évident de prétendre narrer la reconstruction d'égos masculins malmenés à travers une activité particulièrement féminine (rappelons que la natation synchronisée est avec la GRS la seule discipline olympique exclusivement féminine). Il y a donc chez Lellouche une démarche plutôt gonflée, qui séduit par l'équilibre général du projet. Les acteurs, s'ils appuient sur le champignon, ne semblent jamais cabotiner, à l'image d'un Philippe Katerine excellentissime.

Le film prend bien le temps d'installer ses personnages, ce qui met encore plus en valeur le décollage jouissif de la seconde partie, durant laquelle Le grand bain devient irrésistiblement entraînant, Full Monty aquatique pour cinquantenaires. 

Un spectacle de très haut niveau (servi par des moyens très conséquents), à haut potentiel comique et lacrymal.

 

3e

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jean-marc selvadjian 07/04/2019 18:03

Je n'ai pas aimé... j'ai trouvé ça caricatural à souhait ( la coach qui hurle des insanités, le cadre dépressif vendeur de canapé mais que sa femme aime qd meme, etc..) Rien à voir avec des films de la même veine, The Full Monty, que tu cite ou encore mieux Brassed Off avec Pete Postelthwaite que j'espère tu as vu !

Chris 08/04/2019 13:18

Non je n'ai pas vu le film dont tu parles, mais sur moi Le Grand Bain a bien fonctionné. Je suis entré dedans et la folie de l'excursion finlandaise m'a bien plu.

dasola 26/10/2018 23:22

Bonsoir Chris, ouais, bof. Je n'ai pas été convaincue. Et le film a du mal à démarrer. Bonne soirée.

jean-marc selvadjian 11/04/2019 21:32

J'ai bien aimé la fin aussi. Mais essaye de voir les virtuoses, même si ton truc c'est plus les japonais que le réalisme social sauce british !