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Mariana (Los perros)

On avait repéré Marcela Said avec son précédent film L'été des poissons volants.  La voici de retour avec une oeuvre élégante et froide. 

Mariana, la quarantaine bourgeoise, cherche à s'émanciper de son père et de son mari. Elle se rapproche de son professeur d'équitation au passé trouble. A partir de ce synopsis minimal (mais qui résume assez bien la totalité du film), la réalisatrice tisse un écheveau de situations assez convenues, mais qu'elle tente de rendre décalées et mystérieuses : il faut par exemple un certain temps pour comprendre quel est le sujet du film.

Le résultat est assez réussi, et si le film n'est pas vraiment palpitant, il intéresse par sa maîtrise technique assez remarquable et par un goût extrêmement sûr. Les thématiques abordées (frustration sexuelle, condition de la femme au Chili, digestion des années de dictature) ne sont qu'effleurées, et c'est un peu dommage.

Le véritable intérêt du film tient finalement dans son personnage principal, joué avec brio par Antonia Zegers, tour à tour gaie, belle, énervante, triste, délurée, réfléchie, vulgaire et dépressive.

On a hâte de voir ce que peut faire Marcela Said à partir d'un scénario plus riche.

 

2e

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Bruno 20/12/2017 11:14

Avec cette hypothèse de lecture, "Mariana, la quarantaine bourgeoise, cherche à s'émanciper de son père et de son mari." , vous n'avez rien compris au film, d'où votre ennui.

D'ailleurs, le père et le mari sont ses valets. Cette simple remarque devrait vous aider à recalibrer votre analyse.

Surtout, pensez que Mariana est comme la jeune fille du tableau avec ses chiens ou comme la cavalière testée par son cheval, ou comme la grande bourgeoisie qui utilise tantôt les militaires tantôt les artistes révolutionnaires, et vous comprendrez un peu mieux le film.

Chris 20/12/2017 22:18

Merci pour cet éclairage, que je ne partage pas, au vu de l'évolution progressive de Mariana, à l'évidence sombrant dans la mélancolie et la dépression.