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Téhéran tabou

Le choc que procurent les premières scènes de Téhéran tabou (une prostituée taille une pipe à un conducteur alors que son petit garçon rêvasse sur la banquette arrière), est durable.

Le film impose sa dureté sur la longueur. Tout y est noir en effet : la misère sexuelle des hommes, la condition de la femme réduite à demander l'aval de l'homme pour toute chose, le spleen des avorteurs à la petite semaine, les proxénètes qui exportent des vierges vers Dubaï, les juges corrompus et dépravés, le spleen d'un petit garçon muet qui ne parvient pas à se scolariser.

Rien n'est agréable à l'âme, si ce n'est peut-être la bonté innée du personnage principal, pute au grand coeur, que rien ne semble vouloir arrêter.

Le film brille par ailleurs de multiples atours formels et esthétiques : un scénario fouillé et palpitant, une utilisation de la rotoscopie (procédé qui crée de l'animation à partir de prises de vue réelles) qui laisse pantois, une apreté dans le propos qui sidère, une poésie diffuse qui ennivre.

Téhéran tabou est tour à tour beau, émouvant et intrigant.

Une belle découverte.

 

3e

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