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The night of

Dans l'univers feutré et un peu confidentiel des mini-séries (sont-ce des films à rallonge ou des séries avortées ?) The night of s'impose comme un must-see.

Le pitch est pourtant d'un classicisme inquiétant : un jeune pakistanais très propre sur lui, après une soirée arrosée, se réveille aux côtés d'une jeune fille poignardée à mort. Il ne se souvient de rien.

La série aurait pu se contenter d'égrener les constats éculés : le racisme, c'est pas bien, et les médias devraient faire leur boulot. Au lieu de cela, les scénaristes nous font douter nous-mêmes de la culpabilité de Naz, et c'est bien plus subtil. Le sage jeune homme s'avère devenir lors de son incarcération provisoire un criminel sans état d'âme. Et si finalement, il était bien l'assassin ? 

L'acteur Riz Ahmed est excellent, et vient à juste de titre de remporter l'Emmy award du meilleur acteur dans une mini-série, mais The night of vaut aussi (et surtout) par la performance comme toujours sidérante de John Turturro, qui campe un avocat déclassé atteint d'une maladie de peau sur les pieds (beurk !) absolument irrésistible.

Aux manettes se trouve entre autres Richard Price, scénariste des saisons 3, 4 et 5 de Sur écoute, ce qui constitue un gage indubitable de haute qualité. A voir absolument.

 

4e 

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Clémence BRUN 07/06/2018 10:59

Bonjour!

Merci pour cet article, sans lequel je serais passée à côté de cette pépite...

J'ai adoré le personnage de John Turturro... Et j'ai eu le sentiment que, au fil des épisodes, la question de la peau est centrale et offre une piste de lecture intéressante (bon, qui m'a plu, disons!) : celle de Nasir qui se couvre de tatouages, après avoir été violemment entaillée puis brûlée (lavant la fameuse nuit, quelle jolie peau de bébé, aussi lisse et préservée que le personnage!); celle de Stone (d'entrée de jeu, il est signifié que l'histoire de ce type est pour le moins rugueuse, son rapport aux autres parfois parasité par mille incompréhensions). C'est important la peau, tant il est vrai qu'elle est le point de contact entre soi et l'extérieur. Protection, barrière, vecteur.
Ce chat que Stone ne peut approcher qu'au prix d'un eczéma terrifiant (s'il se préserve, il est condamné à la distance et à la solitude).

Et l'ultime scène du dernier épisode : le chat qui traverse le champ, c'est comme une ouverture, une ligne de fuite, qui ne compense pas mais permet de modérer un peu le côté sombre de cette série.

Un très grand merci, donc. Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas été ainsi transportée (et l'amitié entre Freddy et Nasir!).

Bonne journée!

Chris 07/06/2018 19:24

Merci pour cette très belle analyse très bien vue, et ravi d'avoir permis une belle découverte !

Antoine 26/09/2017 17:21

On ne peut plus d'accord ! Une vraie bonne réussite de bout en bout. A première vue très simple et très classique mais diaboliquement efficace !

J'imagine que tu as vu (lu) quelque part que David Simon avait réalisé une nouvelle série sur la légalisation et l'ascension de l'industrie pornographique à New York au début des années 1970. Se prénomant "The Deuce", elle est actuellement diffusée sur HBO. J'attends qu'elle soit terminée avant de m'y plonger.

Chris 26/09/2017 21:06

Oui, je l'ai repérée celle-là !
Pour l'instant on finit l'excellente saison 2 de The affair, et j'ai acheté aujourd'hui Big little lies....