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Swagger

Drôle de film que ce Swagger, qui porte bien son nom : swag = qui a du style, qui est charismatique.

Olivier Babinet choisit de nous montrer frontalement le témoignage de plusieurs jeunes collégien(e)s du 93. 

L'originalité du film est de les magnifier à travers des éclairages très expressifs, et même parfois par des mises en scène qui les placent dans des situations d'acteurs / stars.  On est donc loin des habituels processus de stigmatisation de la banlieue : le film est plutôt dans le registre du "Regardez comment on rêve, matez comme on assure".

Swagger fonctionne assez bien sur ce registre casse-gueule, par la grâce de jeunes qui semblent tombés du ciel et composent une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres : futur styliste assumant sa différence y compris par la bagarre, jeune fille toute menue et immensément raisonnable, jeune homme ombrageux au bandana rouge, jeune indien au costard impeccable qui se déchaîne sur une batterie.

Même si j'ai quelques réserves sur des parti-pris de mise en scène (les plans de coupe sur des jeunes quand d'autres s'expriment, comme s'ils étaient là, alors que ce n'est pas le cas), il faut dire que le film est diablement séduisant. C'est peu dire qu'il s'en dégage une incroyable énergie, pondérée par la crudité de certains constats : le racisme anti-roms que tout ce beau monde exprime par exemple. On est toujours le paria d'un autre.

Swagger est une production typique de la section ACID du Festival de Cannes : décalée et sympathique.

 

2e

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