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L'ornithologue

Ainsi donc, Joao Pedro Rodrigues a-t-il l'insigne honneur de rejoindre mon Panthéon des réalisateurs qui se foutent de la gueule de leur spectateur.

Il siège donc aux côtés de l'inénarrable Albert Serra (dont le Chant des oiseaux est le chef-d'oeuvre absolu de ce genre ingrat), et non loin de d'Alexandr Sokurov, Béla Tarr, Lisandro Alonso et Carlos Reygadas.

Le point commun de tous ces cinéastes de grand renom, encensés par la critique Inrocks/Libé et l'ensemble des grands Festivals, est de proposer des mixtures filmiques qui ne sont compréhensibles que d'eux mêmes. 

En ce qui concerne L'ornithologue, il n'y a probablement qu'une ou deux personnes qui puissent donner du sens à l'assemblage hétéroclite de formes et de thèmes que propose Rodrigues : animaux empaillés dans la forêt, martyrologie gay en slip kangourou et bondage serré, esprit sain(t) sous forme de colombe, documentaire animalier, chanson kitsch de la fin, duo d'asiatiques sadiques en pélérinage pour Compostelle, allusions christiques, etc, etc, etc, on n'en finira pas d'énumérer les effets et les styles qui concourent tous à installer le réalisateur démiurge sur son trône.

L'ensemble du film est tellement barré qu'une question fondamentale se pose : mais pourquoi donc des Amazones parlant latin se retrouvent-elles dans ce brouet mystico-rustique revisité par une esthétique cheap, tendance Pierre et Gilles meets Weerasethakul ?

Tout cela n'a aucun sens, ne procure aucune sensation ni émotion, et c'est d'autant plus regrettable que Rodrigues possède à l'évidence une capacité immense à filmer.

En résumé, et même en admettant que le réalisateur est honnête, force est de constater que sa démarche est peu respectueuse de la bêtise de ses spectateurs, dont je fais partie.

 

1e

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cyclo33 13/12/2016 10:26

Assez d'accord ! J'avais emprunté le coffret du réalisateur à la Médiathèque de Bordeaux. Sur les quatre films, j'ai regardé les deux premiers. Tout en sachant que les films de cinéma sont faits pour être vus en salle, tout en étant très généreux, je n'ai pas été emballé.
Pour les autres réalisateurs cités : Sokourov m'avait barbé avec son "Faust" vu à la Mostra de Venise et qui avait, à ma grande surprise, emporté le Lion d'or !
Par contre "Le cheval de Turin" de Bela Tarr, m'a séduit (mais il faut revoir pour confirmer) et j'avais bien aimé "Japon" de Reygadas (mais à revoir aussi pour confirmation) et "Jauja" de Alonso, vu au Festival de Marrakech m'a énormément plu aussi. Mais ça ne fait jamais qu'un film pour ces réalisateurs qui semblent en avoir fait plusieurs !
Je ne suis pas sûr de voir autant de films que toi (sauf pendant mes périodes Festival (régulier à La Rochelle, Montpellier, Venise, de temps en temps à d'autres), mais ton blog est très utile !

ffred 13/12/2016 10:11

Les amazones...oui...c'est là que j'ai définitivement décroché...