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Les Ardennes

Au début, on a l'impression d'avoir vu ce type d'histoire mille fois : deux frères, un braquage qui tourne mal, l'un qui s'en sort et l'autre pas.

Que le frère qui échappe à la taule pique la copine de l'autre renforce le sentiment qu'on va assister à un énième ersatz de cinéma social, façon Dardenne (justement), mais en flamand, c'est à dire violent.

C'est d'ailleurs en partie vrai. Dans sa première partie, le film oscille entre de très bons moments lors desquels la sensibilité du casting fait merveille, et d'autres, qui semblent un peu convenus. La mise en scène de Robin Pront s'affirme dès les premiers plans comme tape à l'oeil, et plutôt agréable à regarder, même si elle semble essayer successivement toutes les possibilités de cadrage et de focale que le cinéma permet !

Vers le milieu du film, alors qu'on commence à s'intéresser vraiment à l'issue du conflit larvé entre les deux frères aux personnalités si différentes, Les Ardennes glisse tout à coup vers un tout autre genre : règlement de compte très noir et franchement gore, dans un décor de nature sauvage et inquiétante. Oui, je parle ici des Ardennes, montrées comme si c'était l'enfer sur terre. 

On aura rarement vu récemment au cinéma un décor aussi bien filmé. On peut d'ailleurs presque ranger dans ce décor le formidablement inquiétant acteur Jan Bijvoet, vu dans le décapant Borgman.

Le cinéma de Pront devient alors glaçant et jouissif, pourvu qu'on apprécie les rebondissements sanglants, l'équarissage de corps humain et les twists improbables. Le film rappelle alors un peu ceux du jeune Jeremy Saulnier (Blue ruin).

Avec un coup d'essai aussi frappant, et malgré les imperfections d'un premier film dans lequel il a voulu trop en mettre, Robin Pront semble promis à un grand avenir.

 

3e  

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