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The assassin

Evidemment, aller voir un film de Hou Hsiao-Hsien un vendredi soir à 21 heures, après une semaine crevante, ce n'était pas une très bonne idée.

Donc j'ai dormi. Mais pas tout le temps. 

Au début, j'ai essayé de comprendre ce que je voyais, mais mon pauvre cerveau épuisé a vite abandonné. Pas facile d'établir des relations narratives logiques entre ces différents princes, gouverneurs, chevaliers, et autres dignitaires, dont les émotions et les volontés m'ont semblé indéchiffrables.

En réalité, le fait de comprendre quelque chose importe probablement peu, les adeptes du maître de la lenteur taïwanais diront peut-être qu'il s'agit de se laisser porter par l'atmosphère envoûtante des tableaux proposés.

Pour ma part, j'ai été peu sensible aux qualités esthétiques du film, pourtant louées unanimement comme exceptionnelles. Certes, certains plans sont plutôt réussis et poétiques, mais pas plus que dans beaucoup de films.

Ses qualités plastiques ne suffisent en tout cas pas à compenser l'ennui profond que génère la vision de The assassin : dialogues clairsemés, longues plages de silence et d'immobilité (certainement signifiant à un degré qui m'est inconnu), mouvements  des personnages au ralenti, etc.

Le début du film fut pour moi un calvaire : impatiences dans les jambes, envie d'assassiner mon voisin de devant et d'énucléer à la petite cuillère celui de derrière qui mangeait des bonbons, tentation d'hurler et de vociférer en me tapant la tête contre les murs.

La seconde partie fut plus supportable : je n'ai plus vu du film que des tranches de trente secondes toutes les trois minutes.

 

1e

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Mozart 17/06/2016 22:22

Je trouve personnellement cette critique honteuse car ... elle n'en est tout simplement pas une !! Que chris nous raconte sa vie, ce n'est pas ce qu'on attend d'une critique digne de ce nom !!
Ce film n'est pas un film facile d'accès, mais personnellement, j'ai été envoûté par ses qualités de mise en scène, notamment les jeux sur les plans et sa qualité esthétique inouie aux niveaux des décors.
Le film n'est pas un film bavard, je dirais même que c'est un film taiseux, il est très lent mais c'est ce qui selon moi le démarque du tout-venant et en fait un film à part, doté d'une vraie personnalité ... la marque des grands films.
Personnellement, malgré cette lenteur, je ne me suis pas ennuyé et suis rentré dedans. Beaucoup de choses se passent dans les non-dits. Tout cela est d'une grand finesse.
Les génies sont souvent incompris ... HHH en est sans doute un dans ce cinéma du 21 siècle sans vision.

pila 14/03/2016 11:09

dommage que je n'ai pas lu ta critique avant d'acheter les billets ! mais à part les belles images et une belle photo (parfois répétitives et il faut aimer), je ne trouve rien à ce film, autant aller voir un documentaire ! la lecture des critiques de ce film qui crient au génie me laisse très perplexe et je me demande si nous avons vu le même film ? juste insupportable et au point que je me suis posé la question de partir avant la fin !

bannish 12/03/2016 18:17

Mêmes causes, mêmes effets, mon ressenti est comparable, tout cela paraît bien superficiel, pompeux, limite fake, largement surcôté. HHH semble avoir compris comment plaire au monde de la cinéphilie en développant laborieusement une esthétique hyper-sophistiquée, sinon bluffante, du moins personnelle ; mais un réalisateur qui a démarré avec "Cute Girl" est démasqué pour la vie:)