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La niña de fuego

Froid et désincarné, le deuxième film du jeune réalisateur Carlos Vermut est un divertissement intellectuel un peu vain. 

Le scénario, prétendument complexe, est en fait assez simple : un banal chantage entre deux personnes qui se rencontrent par hasard. Assez classiquement, le maître chanteur, issu d'une classe sociale moins favorisée que sa sa victime, passe à l'acte pour des raisons sentimentales.

Le pseudo-mystère du film se construit autour de deux fausses bonnes raisons : un agencement temporel présentant les trois principaux personnages de façon séquentielle, et un énorme trou noir au milieu du film, par ailleurs limpide, autour de la personnalité de Barbara.

La jeune femme, personnage principal du film, cumule donc les mystères. On ne saura rien (attention, spoilers) de son passé sulfureux, de ses pratiques sexuelles, se son traitement médical, des liens qu'elle entretient avec son mari, de son état psychologique, de ses cicatrices, de ces relations avec l'organisatrice des orgies, de ce qu'elle a vécu par le passé avec le personnage de Damian (et pourquoi celui-ci a fait de la prison)...

Les acteurs semblent passer dans ce schéma mental sur pellicule un peu par hasard, n'incarnant qu'à contre coeur leur personnage. Les péripéties sont par ailleurs souvent à la limite du crédible (l'enregistrement nocturne sur le téléphone portable par exemple).

La niña de fuego est intellectuellement stimulant, mais manque cruellement de chair.

 

2e

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Bellin 30/08/2015 09:52

Pourquoi l'intellectualité serait-elle un peu vaine ? Et forcément désincarnée ? Il est vrai qu'il faut carburer un brin, accepter de perdre quelques repères, faire le deuil de quelques questions non élucidées (les cicatrices, les sévices orgiaques...) mais bon, Barbara Lennie, troublante et toxique, ne manque pas d'arguments très... incarnés, et la langue espagnole est si sensuelle ! Bref, pour toutes ces raisons (et d'autres sans nul doute inconscientes !), j'ai fort apprécié cet objet filmique intrigant à la Almodovar, c'est tout dire