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La isla minima

Le dernier film d'Alberto Rodriguez, présenté comme le meilleur film espagnol de l'année (il a raflé 14 prix, dont 10 Goyas), n'est somme toute qu'un polar très classique.

Les ingrédients sont bien connus : un couple de flics très différents, dont l'un semble avoir un lourd passé, des jeunes filles assassinées, violées et torturées, une ambiance glauque.

Le film cherche à paraître original par deux aspects annexes à sa trame principale : la période (celle de l'après-franquisme) et son cortège de compromissions, et le lieu (le delta du Guadalquivir). Les paysages, filmés parfois de très haut en plongée esthétisante, sont en effet incroyables, comme le montrent ces quelques exemples.

Malheureusement, ces deux aspects du film sont plaqués sur une histoire assez peu prenante au final, pleine de trous et de clichés (la vraie fausse médium), illustrée par une mise en scène scolaire et tape à l'oeil. 

Le film n'ennuie que ponctuellement, mais on peut aisément s'en passer.

 

2e 

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Bellin 11/08/2015 09:08

Voilà une critique bien rabat-joie !!! Personnellement, j'ai passé une excellente soirée. L'ambiance est à la fois lumineuse et délétère, les découvertes macabres à souhait, le duo de flics fonctionne bien et l'enquête est sans cesse relancée avec ses fausses pistes ("la vraie fausse médium") dans les méandres d'un delta très photogénique... tandis que les non-dits du franquisme sèment le trouble en profondeur en gangrenant l'aspect banal de l'enquête. C'est subtil et assez tordu, et surtout efficace. Bref, que demander de mieux pour un polar estival un brin pervers qui distrait tout en embarrassant ?!