Christoblog

La tête haute

Il y a une grande qualité dans le film d'Emmanuelle Bercot, rare dans le cinéma français : La tête haute parvient à donner l'exacte mesure du temps passe.

Bien sûr le film possède bien d'autres atouts, à commencer par une mise en scène énergique et une interprétation hors pair du jeune acteur (sensationnel Rod Paradot) et des autres personnages, mais sa force subtile c'est bien de montrer l'évolution lente et erratique des différents protagonistes.

Catherine Deneuve campe une juge patiente, mais qui sait faire évoluer ses options. Benoit Magimel, solide comme un roc dans les premières scènes, peut péter les plombs. Sara Forestier oscille entre démission dépressive, amour larmoyant et niaiserie blessante. Rod Paradot lui-même progresse par oscillations successives : tour à tour trublion explosif, blessé épidermique, amant violent, boule de nerf qui se raisonne.

On assiste à son évolution comme à un combat de boxe. Sonné par les coups échangés, abasourdi par la violence des émotions, rivé à l'entretien d'une faible lueur d'espoir qui ne semble être vue que par les proches de Malony.

Le film est une ode énergisante à la ferme bienveillance et à la résilience, un film d'amour gonflé à l'adrénaline, comme on en voit peu.

 

4e  

Commenter cet article

Bellin 27/05/2015 19:34

J'ai pris beaucoup de plaisir à ce film coup de poing qui bénéficie d'un quatuor d'actrices et d'acteurs impeccables, à commencer par le jeunot survolté. Ma seule réserve : le faux happy-end (comme si un bébé allait tout solutionner, plutôt récidiver hélas) avec l'interminable plan final que rien ne justifie, d'autant plus qu'il est plat et inutilement étiré. Il n'empêche, sur un sujet voisin, si on repense au "Mommy" de Dolan, le film français pâlit un peu...