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Dear white people

J'ai deux problèmes avec ce film : le fond et la forme.

D'abord sur le fond, Dear white people ressuscite une sorte de racisme black envers les Blancs. Quel sens a aujourd'hui ce tableau d'une confrérie black power luttant pour la reconnaissance de sa culture, et ostracisant les Blancs de sa "zone" ? Dans l'Amérique d'Obama tout cela sent le réchauffé : le Malcolm X à la petite semaine, le Spike Lee antidaté.   

Comprenons-nous bien : je ne dis pas que les problèmes de racisme n'existent plus aux Etats Unis (cf Ferguson), mais que leur représentation ne transite plus aujourd'hui par la promotion de la négritude et autres balivernes. 

D'ailleurs, le film ne sait pas trop sur quel pied danser exactement. Ses tentatives de catégorisations à la hussarde (les trois types de Blacks, sur le mode des trois types de .... gays ? d'asiats ? de rebeux ?) n'entrent pas vraiment en résonance avec le monde contemporain.

Sur la forme, le film de Justin Simien (récompensé à Sundance), verse dans un formalisme outrancier qui s'épuise sur la distance : faux campus reconstitué, tableaux vivants, cartons de film muet, ralentis expressifs. C'est lourd, désuet et truffé de références inconnues du grand public européen.

Dear white people manque toutes ses cibles. En romcomisant son intrigue il affadit son propos (quels développements stupides sur la fin : couples mixtes hétéro et gays, et même le papa blanc de l'héroïne black, bouh, sortez les mouchoirs). En stigmatisant ses protagonistes, il empêche l'identification.

Un film aussi original qu'inutile. 

 

1e 

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Nicolas 19/04/2015 02:58

"Comprenons-nous bien : je ne dis pas que les problèmes de racisme n'existent plus aux Etats Unis (cf Ferguson), mais que leur représentation ne transite plus aujourd'hui par la promotion de la négritude et autres balivernes. "

Et bien écoute j'habite aux usa donc je peux te dire que c'est faux. Cette philosophie du black power est toujours présente, surtout dans le sud du pays ou les tensions raciales sont plus grande. Le film est parfaitement représentatif des tensions raciales qu'il ya sur nos campus étudiants ici.

Quand à dire que le film récussite un racisme anti blanc c'est ma foi une mécompréhension du message du film qui rappelle d'ailleurs que le racisme anti blanc est un mythe puisque le racisme a une relation au pouvoir qui fait que seule une classe dominante peu user de racisme envers des minorités.

Chris 26/04/2015 18:07

Salut Nicolas,

Merci d'avoir pris la peine de déposer ce commentaire. C'est vrai que ma phrase sur le neo black power est trop rapide. Finalement, ce que je reproche le plus au film c'est son aspect formel un peu gnangnan et son manque d'audace dans le traitement du sujet.

Claudine Sigler 09/04/2015 18:27

Je n'ai pas beaucoup aimé ce film non plus. En outre, les axceurs sont insupportables: ils parlent en exagérant, grimacent, soulignent lourdement chaque mot d'esprit, et en font des tonnes: c'e'st l'outrance américaine dans ce quelle a de pire...

dasola 02/04/2015 21:57

Bonsoir Chris, ton billet me rassure. J'avais vu ce film lors d'une avant-première au Forum des images à Paris. Je n'ai pas osé partir avant la fin (en principe je ne le fais jamais) mais que j'ai souffert. Que ce film est interminable, sans intérêt, pas très bien joué et filmé n'importe comment. Je déconseille absolument. J'ajoute que des gens très bien élevés ont applaudi à la fin. Bonne soirée.