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Le petit homme

Rien de renversant sans ce premier film de la réalisatrice autrichienne d'origine iranienne, Subadeh Mortezai.

On suit l'évolution d'un petit réfugié tchétchène, Ramasan, et la façon dont celui-ci gère le deuil d'un père mort à la guerre.

Ramasan, petit garçon modèle au début du film, est tenté pour s'intégrer de suivre de mauvaises fréquentations, et il entretient un rapport de fascination / répulsion pour un homme qui a connu son père et tente doucement de séduire sa mère. C'est autour de ces deux pôles que sa personnalité naissante tente de se construire.

Le petit homme, au-delà de son scénario assez commun, vaut surtout pour les interprétations très délicates de ses acteurs, pour la plupart non professionnels, et en particulier celle de ce "petit bout d'homme" qu'est Ramasan. Il est également très intéressant par son aspect documentaire, qui décrit avec tendresse et justesse le camp de réfugiés de Macondo, créé en 1950 en périphérie de Vienne, et aujourd'hui peuplé de 2000 réfugiés de 20 nationalités différentes.

La mise en scène de Subadeh Mortezai est agréable, précise et concise.

Après Fatih Akin (De l'autre côté, Head on, Soul Kitchen), Feo Aladag (L'étrangère), Yasemin Samdereli (Almanya) et Umut Dag (Une seconde femme), Subadeh Mortezai confirme donc l'élan de vitalité que génère les cinéastes d'origine étrangère dans le cinéma de langue allemande.

 

2e 

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Bellin 29/03/2015 11:50

A propos de "Gente de bien", tu avais conclu, Chris : "Ça vous changera des blockbusters US et des chichiteries hexagonales." C'est à nouveau et déjà une bonne raison pour voir ce "Petit homme" que personnellement j'ai apprécié. La seconde raison tient aux qualités intrinsèques du film : justesse, âpreté, sobriété. Une humanité à fleur d'écran sans blabla démonstratif ni violons sirupeux. Avec une ultime séquence où tout devient explicite dans le non-dit, juste le geste pudique de l'enfant sur la voie de la réconciliation... C'est beau et très fort. Merci à la réalisatrice si attentive et à son charismatique jeune interprète.

Chris 29/03/2015 12:16

Tout à fait d'accord avec toi mon ami ! J'ai très souvent pensé à Gente de bien pendant la projection : les deux petits garçons ont quelque chose en commun : une certaine assurance d'homme dans une existence et un corps d'enfant.