Christoblog

Une nouvelle amie

Le 20 octobre 2014 à l'UGC de Lille, projection du nouveau film de François Ozon en présence de la rayonnante Anaïs Demoustier et de Raphael Personnaz. 

Parlons d'abord du film. Plutôt un bon cru à mon goût. Depuis le début de sa carrière, Ozon semble s'adoucir petit à petit, un peu comme l'a fait Almodovar : son cinéma, très violent au départ (Sitcom, Les amants criminels) devient petit à petit plus feutré, plus classique, même si le feu couve toujours sous le glaçage apparent. Il évolue progressivement vers un aspect hitchckokien qui est assez agréable, sauf quand il tourne à la caricature (Dans la maison). 

Une nouvelle amie, tourné au Canada, commence comme une parade de lieux communs à la sauce été indien. On assiste à une succession de plan brillante, qui dessine brièvement la trajectoire d'une vie pour aboutir dans un cercueil. Tous les paradoxes de Ozon sont déjà dans ce début : images glacées, effets un peu faciles mais redoutablement efficaces.

Le film m'a fait oscillé constamment entre deux pôles : me laisser entraîner dans une histoire plutôt originale et bien jouée, ou m'arrêter sur quelques faiblesses de scénario. Le bilan de ces oscillations est une sorte de vertige plutôt agréable qui aboutit, dans un dernier plan compliqué, à une certaine perplexité. 

En fin de séance, la politesse bienveillante d'Ozon, le caractère taquin de Personnaz et le rayonnement enjoué d'Anaïs Demoustier ont littéralement scotché sur leur siège la totalité des spectateurs de la salle 6 de l'UGC. Des échanges ressort : que Personnaz a été casté pour le rôle finalement tenu par Romain Duris (mais y a été de son propre aveu très mauvais), qu'un des extraits du film qu'on entend dans Une nouvelle amie est Angel d'Ozon (car on ne paye pas dans ce cas de droit d'auteur, nous dit-il !), et que Ozon était terrifié à l'idée de jouer dans son propre film (le pervers dans le cinéma) et qu'il a même réalisé une autre prise de cette scène avec un "vrai" acteur, au cas où il se trouve vraiment trop mauvais. 

La salle lilloise a posé des questions plutôt pertinentes et les réponses d'Ozon ont mis en valeur le film. Une excellente soirée.

François Ozon sur Christoblog : Dans la maison (**) / Jeune et jolie (*) / Potiche (***) / 8 femmes (**)

 

3e

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anne 20/11/2014 00:25

je me suis bien ennuyée tout le long du film , rien d' original , c'est un super classique , très bien filmé et c'est tout .,heureusement , la très charmante Anäis Demoustier nous fait gober ce mélo .

Chris 27/11/2014 07:08

J'adore cette actrice, elle m'a ébloui dans Bird people !

Bellin 10/11/2014 12:06

Je te trouve bien enthousiaste, Chris ! Moi, je suis franchement plus mitigé et, même s'il faut oser Ozon, ce réalisateur talentueux me déçoit une fois sur deux, surtout quand il est roublard comme ici. Un film dans l’air du temps (mais à trop courir après, un réalisateur habile – et filou – peut patauger !). Du sous-Almodovar ? Un soupçon de Bunuel ? Peu importe. Déception. Frustration. Agacement surtout. Face au manque de vraisemblance de ce méli-mélo, j’ai ressenti très peu d’émotion. Pas de vibration vraie ni même d’ampathie. Le film m’a paru longuet et filandreux, inutilement tordu. Les comédiens s’appliquent mais Duris (que j’admire tant d’habitude !) ne convainc pas sur son irrésistible pulsion, outre qu’il est parfois grotesque et constamment inélégant travesti en « bonne femme BCBG » (peut-être une erreur de casting ?). Sans doute, s'est-il beaucoup marré avec Ozon en train de s'épiler ou de se faire les ongles ! Moi, je m'en tape. Je ne crois que ce que je vois sur l'écran. Par ailleurs, certaines scènes « hénaurmes » me font craindre - à en juger par les gloussements de certains spectateurs - qu’Ozon donne des gages aux anti gay et autres transgenre. Venant de lui, c’est un comble ! Mais ce serait navrant, même à son corps défendant.