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La traversée

Tourné sur un ferry qui assure la liaison Marseille Alger, le documentaire d'Elisabeth Leuvrey présente le bateau comme une puissante métaphore du déracinement.

Alors qu'ils sont physiquement entre les deux rives de la Méditerranée, les Algériens (ou les Français d'origine algérienne, on ne sait pas) qu'on écoute sont aussi sentimentalement entre les deux pays.

Beaucoup de conversations tournent autour de ce sujet : on aime y retourner en été, mais on ne pourrait plus y vivre. La conversation avec l'incroyable Ben, vers le milieu du film, y fait par exemple référence. Ben compare ses visites en Algérie à celle qu'on ferait à une vieille tante : on ressent le besoin d'y aller, puis on est pressé d'en partir, et enfin on se sent coupable de n'être pas resté plus longtemps.

La traversée est très court (1h12, tiré d'une centaine d'heures de rush) et se regarde avec intérêt. Elisabeth Leuvrey réussit quelques très jolis tableaux et possède à l'évidence un sens du cadre hors du commun. Si les témoignages sont inégaux, on croise une telle diversité de caractères que le voyage est tout de même globalement plaisant.

A signaler que le DVD est accompagné d'un très joli livret, qui prolonge et complète agréablement la vision du film. 

Cette chronique est écrite dans le cadre d'une opération DVDtrafic. Le DVD de LA traversée est sorti en mars chez Shellac. Vous pouvez retrouver tous les films 2013 sur Cinétrafic.

 

2e

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