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The canyons

Rassembler une ex-starlette cocaïnomane (Lindsay Lohan) et une star du porno (James Deen) sous la houlette d'un réalisateur de 67 ans dont l'heure de gloire est passée (Paul Shrader) : The canyons sentait le mauvais coup, la fausse bonne idée. Il semblait bien convenu de montrer à nouveau ce monde délétère dans lequel on fait des films sans s'intéresser au cinéma, où tout le monde est la proie sexuelle potentielle de l'autre et où personne n'est heureux. Le plus intéressant dans le projet était peut-être le projet lui-même (un financement en dehors des grands studios, une utilisation novatrice du crowdfunding - lire l'article de Slate)

Heureusement le film est tiré vers le haut par de nombreux éléments, et d'abord par son intrigue façon Liaisons dangereuse chez les riches, parfois brillamment agencée par Bret Easton Ellis, parfois bizarrement bancale. Son utilisation habile du décor naturel que constitue Los Angeles, Grand Nulle Part fort joliment filmé, apporte aussi beaucoup au film. Les maisons de chacun des personnages sont remarquablement castées, si je puis dire. Le jeu des acteurs, enfin, entraîne le film vers des terres rarement parcourues : mélange un peu brut de tensions sexuelles, de hiératisme inquiétant et de sensibilité à fleur de peau.

La mise en scène de Paul Shrader contribue enfin beaucoup au charme du film. Si elle est souvent très classique, elle peut devenir géniale, comme dans cette scène inaugurale du repas à quatre, pleine d'effets surprenants au niveau du son et des choix de caméra.

Il m'a semblé que Lindsay Lohan produisait dans son jeu un mélange de sensualité animale, de distinction et d'émotions qui pouvait rappeler (certains vont me maudire) Romy Schneider.

Puissant et intéressant.

 

3e    

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тном ряи 02/04/2014 13:19

Vraiment ? Hormis le très beau générique introductif (qui focalise sur la déchéance de l'industrie cinématographique), j'ai trouvé ce film d'un vide abyssal et d'une pauvreté parfois proche d'une émission de TV réalité.

Pour autant, je peux comprendre qu'on adhère même si personnellement je suis resté très hermétique à cette intrigue et à cette ambiance.

Katia 27/03/2014 14:45

T'as de la chance que Don Corleone soit mort, je te l'aurais bien envoyé pour la comparaison Lindsay/ Romy !
Blague à part, je compte voir le film et je suis contente de voir que tu l'as apprécié parce que les mauvaises critiques semblent complètement courues d'avance.

Martine 28/03/2014 19:33

Eh bien... je n'y suis pas encore allée..
En revanche, je suis allée voir "her" hier soir... et j'ai adoré...
Joachim Phoenix est excellent et Scarlett, même si on ne la voit jamais, a une présence incroyable de par sa voix.... un régal...sexy la Scarlett même quand elle joue un système d'exploitation !!!
Ce film est original... on rit parfois et j'ai pleuré aussi..... évidemment à la fin lorsqu'elle lui annonce qu'Il n'est pas le seul....... Je suis entrée facilement dans ce film et je n'ai pas vu le temps passer..
Je me tâte toujours pour aller voir the Canyons.... mon prochain sera "Free fall"....
bon week end....

Chris 28/03/2014 18:43

Plus j'y pense, et plus je revois Romy, par exemple dans la photo ci-dessus.... taches de rousseur, yeux de biche effarouchée, mélange de sex-appeal et de candeur enfantine, une tendance au surpoids qu'on devine sans la voir vraiment, des histoires de coeur dramatiques et destructrices comme dessinées sur le visage...

Martine 26/03/2014 13:42

je suis étonnée... la critique de ce film est mauvaise... que ce soit critique "presse" ou "public"... c'est rare que tu sois en total désaccord avec la critique...
Le mieux est que je me fasse ma propre opinion...
Merci pour ce blog toujours intéressant et qui reste ma référence...

Chris 28/03/2014 18:41

Merci Martine !
J'aimerais savoir ce que tu as pensé au final du film ....

pierreAfeu 25/03/2014 09:11

Tu vois... Nous sommes d'accord. Mais si on m'avait dit que ce serait sur ce film-là, je n'y aurais pas cru.