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El estudiante

El estudiante est un film complexe : mieux vaut ne pas s'assoupir durant sa projection, sous peine d'en perdre définitivement le fil.

Le réalisateur, Santiago Mitre, cherche probablement dès le début du film à nous mettre dans la même situation que son jeune héros provincial, Roque, qui débarque à Buenos Aires : le monde de l'Université, hyper politisé, semble au départ tout à fait incompréhensible. On assiste pétrifié à des diatribes auxquelles on ne comprend rien, et à des luttes entre une myriade de petits mouvements gauchistes, le tout au milieu d'un capharnaüm d'affiches et de bâtiments déglingués.

Petit à petit on comprend que finalement l'idéologie ne sera jamais le thème du film (les idées politiques de chacun des protagonistes importent peu), mais que le véritable sujet de El estudiante est la façon dont un Rastignac tel que Roque peut s'élever dans la hiérarchie à force de coup de poker et de volontarisme décomplexé.

Il ne faut pas être allergique à l'aspect surchargé du film pour bien apprécier cette odyssée individuelle. L'expérience est finalement une belle intrusion dans le jeu même de la politique : calculer, oser, agir, grimper. On a vu ce type de démonstration, en plus glamour et plus idéalisé, dans l'excellente série Borgen.

Un film exigeant, mais au final assez marquant.

 

2e

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