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The lebanese rocket society

Ces dernières années, on a pu voir des documentaires dont on peut dire qu'ils étaient de très grands films de cinéma (Into the abyss, La vie moderne, Twenty feet from stardom), et d'autres oeuvres moins impressionantes, mais fort plaisantes, car révélant souvent le talent original de leur auteur.

Ces oeuvres sont souvent fortement scénarisées (Sugarman) ou flirtent avec l'auto-fiction (La Vierge, les Coptes et moi) : le documentaire n'est finalement que l'expression d'une démarche artistique globale, qui se nourrit à la fois de narration et d'images. C'est dans cette catégorie qu'on pourra classer le curieux film de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige.

Au début, rien que de très classique : nos deux auteurs découvrent un peu par hasard l'existence d'un programme de construction de fusées, développé au Liban dans les années 60. A Beyrouth, ils ne trouvent pas grand-chose sur le sujet, puis tout à coup retrouvent le principal protagoniste aux USA. De fil en aiguille ils reconstituent toute l'histoire, mélange (d)étonnant d'amateurisme brillant, de situations burlesques et d'implications politiques.

Si cette partie, très classique, est un peu ronronnante, bien qu'éveillant tout de même la curiosité, le film prend une toute autre dimension quand les deux artistes imaginent de construire une sculpture représentant une des fusées, puis de l'installer dans l'université où le programme fut conçu. Cette partie, la plus intéressante, interpelle la mémoire du Proche-Orient (tout le monde semble avoir oublié ce pan de l'histoire), et est intellectuellement très stimulante.

Le film se termine par une animation fantaisiste qui imagine le Liban actuel en puissance spatiale.

A noter dans les bonus du DVD à venir (sortie le 5 mars), des présentations très intéressantes d'oeuvres conçues par les deux réalisateurs autour du film, présentées lors de diverses manifestations d'art contemporain.

Une curiosité à découvrir.

 

2e

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